Covid-19 : à l’île Maurice, un second confinement qui fragilise les plus démunis

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Accroupie au sol, Lise Payde s’applique à faire cuire du riz sur un feu de bois pour économiser sa bonbonne de gaz ménager. La sexagénaire s’attelle ensuite au nettoyage des « brèdes malbar », ces feuilles d’amarante qui poussent comme de la mauvaise herbe sur les terrains en friche d’Albion, son village situé la côte ouest de l’île Maurice. Cuite à l’étouffée, cette plante, quoique amère, accompagnera ses repas jusqu’à la première semaine d’avril, lorsqu’elle touchera sa pension de vieillesse.

Sans ressources, l’ancienne ouvrière agricole montre son garde-manger. Il ne lui reste qu’un pot de confiture à moitié vide et une boîte de margarine déjà bien entamée. Ils faisaient partie du pack d’aide alimentaire offert par l’organisation Caritas lorsqu’un reconfinement national a été décrété mercredi 10 mars.

Accroupie au sol, Lise Payde s’applique à faire cuire du riz sur un feu de bois pour économiser sa bonbonne de gaz ménager. La sexagénaire s’attelle ensuite au nettoyage des « brèdes malbar », ces feuilles d’amarante qui poussent comme de la mauvaise herbe sur les terrains en friche d’Albion, son village situé la côte ouest de l’île Maurice. Cuite à l’étouffée, cette plante, quoique amère, accompagnera ses repas jusqu’à la première semaine d’avril, lorsqu’elle touchera sa pension de vieillesse.

Sans ressources, l’ancienne ouvrière agricole montre son garde-manger. Il ne lui reste qu’un pot de confiture à moitié vide et une boîte de margarine déjà bien entamée. Ils faisaient partie du pack d’aide alimentaire offert par l’organisation Caritas lorsqu’un reconfinement national a été décrété mercredi 10 mars.

Cinq jours plus tôt, des cas autochtones de Covid-19 avaient été découverts sur l’île de l’océan Indien. Depuis, leur nombre ne cesse d’augmenter : lundi 22 mars, 202 cas positifs étaient diagnostiqués. Les rassemblements religieux et culturels sont désormais interdits. L’espace aérien est de nouveau fermé. L’ouverture des commerces, comme les supermarchés, est quant à elle autorisée par rotation.

Même si Canot, un village avoisinant, a été déclaré zone rouge vendredi soir, Lise Payde craint davantage la faim que le Covid-19. Dans sa case en tôles rouillées, dépourvue d’électricité et d’eau courante, elle attend le versement de sa pension pour pouvoir reconstituer son stock de nourriture et apporter un soutien à son fils de 26 ans, aide chauffeur, aujourd’hui sans emploi.

Cuisiner pour les plus pauvres

Robert Pierre-Louis, 40 ans, survit lui aussi grâce à la générosité de ses parents chez qui il est retourné vivre à Riche-Terre, une localité proche de Port-Louis, la capitale. Professionnel de l’événementiel, il n’a plus de travail depuis un an et demi. Marié et père d’un enfant, il n’était éligible à aucune aide lors du premier confinement, au printemps 2020, car il était déjà au chômage. Il était censé prendre un emploi dans une société de nettoyage le mercredi 10 mars, mais la seconde vague de coronavirus l’en a empêché.

« De nombreux journaliers ont perdu leur emploi, insiste l’imam Arshad Joomun. L’Etat les a tout simplement oubliés. » Ce membre du Conseil des religions distribue ces jours-ci des vivres à travers la M-Kids Association dans différentes localités du nord de l’île. Les bénévoles actifs auprès des plus démunis s’étonnent des propos de la ministre de la sécurité sociale, Fazila Jeewa-Daureeawoo, qui a indiqué le 16 marsqu’aucune distribution de nourriture n’avait été prévue pour ce nouveau confinement, les épiceries n’étant restées fermées que 24 heures. Lire notre entretien : Coronavirus : « Aucun pays africain ne sera épargné par la crise économique »

« Mais s’est-elle assurée que tout le monde peut y faire ses emplettes ? », lance Delphine Ahnee, porte-parole de la plate-forme citoyenne Drwa à enn lakaz qui milite en faveur des Mauriciens sans logement. « Avant, certaines épiceries de quartier faisaient crédit aux clients. Tel n’est plus le cas depuis le premier confinement. Des volontaires se relayent pour cuisiner des plats pour les plus pauvres », insiste-t-elle.

Si l’île Maurice fait partie des pays les plus riches d’Afrique en termes de revenus par habitant, 8 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté selon les dernières données disponibles. Et la crise sanitaire a durement impacté l’économie du pays, très dépendante du tourisme : le produit intérieur brut a dégringolé de plus de 15 % en 2020.

Vacciner 60 % des habitants de Port-Louis

Xavier-Luc Duval, le leader de l’opposition, déplore la disparité dans le soutien de l’Etat. Alors que les fonctionnaires continuent à percevoir leur salaire, tout comme une majorité de salariés du secteur privé, les travailleurs indépendants ne peuvent prétendre qu’à une somme fixe proche du salaire minimal.

Cet ancien premier ministre adjoint accuse aussi la majorité d’avoir échoué à mettre en place un système d’alerte gradué vis-à-vis du Covid-19. « Quand il y a eu le premier cas de contaminationdébut mars, les rassemblements publics n’ont pas été interdits », rappelle-t-il.

LIRE SUITE : Covid-19 : à l’île Maurice, un second confinement qui fragilise les plus démunis (lemonde.fr)

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